Entre les croquettes du quotidien et l'envie de partager un morceau de son propre repas, savoir que peut manger un chien évite bien des erreurs, parfois dangereuses. Le chien digère certains aliments humains sans problème, en tolère d'autres seulement en petite quantité, et ne doit surtout jamais s'approcher de quelques-uns, toxiques même à faible dose. Ce repère rassemble les aliments autorisés, ceux à limiter et la liste des produits interdits, pour compléter sa ration sans prendre de risque.
Ce que le chien peut manger, en un coup d'œil
Ce tableau résume les grandes familles d'aliments et la place qu'elles peuvent tenir dans l'alimentation d'un chien, à ajuster selon sa taille, son âge et son état de santé.
| Aliment | Pour le chien | Repère |
|---|---|---|
| Viande cuite (bœuf, poulet, dinde) | Autorisé | Sans peau grasse, sans sauce ni assaisonnement |
| Poisson cuit | Autorisé | Sans arêtes, cuit sans matière grasse ajoutée |
| Œufs | Autorisé en petite quantité | Toujours cuits, un à deux par semaine selon la taille |
| Riz et pâtes cuits | Autorisé | Nature, sans sauce, en petite quantité |
| Carotte, courgette, haricot vert | Autorisé | Cuits ou crus en petits morceaux |
| Pomme, banane, pastèque | Autorisé en petite quantité | Pépins et trognon retirés |
| Produits laitiers | À limiter | Beaucoup de chiens adultes digèrent mal le lactose |
| Chocolat, raisin, oignon, ail, avocat, xylitol | Interdit | Toxiques, parfois même en petite quantité |
| Os cuits | Interdit | Risque d'éclats et de perforation digestive |
Les besoins nutritionnels du chien
Le chien est un omnivore à tendance carnivore : à la différence du chat, strict carnivore, il digère aussi bien certains végétaux, mais son alimentation doit reposer en priorité sur des protéines animales. Une alimentation industrielle complète, croquettes ou pâtée, est déjà formulée pour couvrir ces besoins en protéines, lipides, minéraux et vitamines, dans les bonnes proportions selon l'âge et la taille du chien.
Les aliments humains évoqués ici ne remplacent donc pas une alimentation complète : ils s'y ajoutent, en petite quantité, pour varier les repas ou récompenser le chien. En règle générale, les compléments alimentaires ne devraient pas dépasser environ 10 % de la ration quotidienne, le reste restant assuré par l'alimentation habituelle du chien, qu'il s'agisse de croquettes achetées en ligne ou d'une autre alimentation complète. Chez le chiot, dont les besoins sont encore plus précis, l'introduction de nouveaux aliments se fait avec encore plus de prudence, au même titre que le respect du calendrier des vaccins du chiot.
Les aliments humains que le chien peut manger
Plusieurs aliments du quotidien conviennent au chien, à condition de respecter quelques règles simples de préparation et de quantité.
- Viande cuite : bœuf, poulet, dinde ou agneau maigre, sans peau grasse, sans sauce ni assaisonnement. La viande crue présente un risque bactérien plus élevé et se réserve aux régimes encadrés par un vétérinaire.
- Poisson cuit : saumon, cabillaud ou autres poissons, toujours sans arêtes et cuits sans matière grasse ajoutée. Le poisson apporte des acides gras utiles à la peau et au pelage.
- Œufs : une bonne source de protéines, toujours servis cuits (brouillés ou durs, sans sel ni matière grasse), à raison d'un à deux par semaine selon la taille du chien.
- Produits laitiers : à limiter fortement. De nombreux chiens adultes digèrent mal le lactose, et un peu de yaourt nature ou de fromage blanc reste préférable au lait, qui provoque plus souvent des troubles digestifs.
- Riz et pâtes : cuits nature, sans sauce ni sel, ils conviennent bien en petite quantité, et sont parfois recommandés par le vétérinaire en cas de troubles digestifs passagers.
Les fruits et légumes adaptés au chien
De nombreux fruits et légumes peuvent compléter l'alimentation du chien, en petits morceaux et en quantité raisonnable.
- Carotte : crue ou cuite, elle est souvent bien acceptée et peut même servir de friandise à mâcher pour les chiens qui aiment croquer.
- Courgette et haricot vert : pauvres en calories, ils conviennent cuits à la vapeur ou crus en petits morceaux.
- Pomme : pépins et trognon retirés, coupée en morceaux pour éviter tout risque d'étouffement.
- Banane : riche en sucres, elle reste une friandise occasionnelle plutôt qu'un aliment régulier.
- Pastèque : sans pépins ni écorce, elle hydrate bien le chien les jours de forte chaleur.
- Potiron et courge : cuits et mixés, ils sont parfois utilisés pour réguler le transit du chien.
Certains fruits et légumes restent en revanche à éviter : le raisin et les raisins secs sont toxiques pour le chien, tout comme l'avocat, l'oignon et l'ail, détaillés plus bas.
Les céréales et légumineuses
Contrairement à une idée reçue, le chien digère généralement bien les céréales quand elles sont cuites et données en quantité modérée : riz, pâtes, avoine ou un peu de pain sec ne posent pas de problème particulier à un chien qui n'a pas d'allergie ou d'intolérance identifiée. Les céréales complètes apportent des fibres utiles au transit, à condition de rester une part limitée de la ration.
Les légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs) peuvent aussi être données cuites et en petite quantité, mais elles fermentent facilement et provoquent parfois des gaz ou un inconfort digestif chez les chiens sensibles. Un chien qui présente des signes d'intolérance après avoir mangé des céréales ou des légumineuses (ballonnements, selles molles, démangeaisons) gagne à en discuter avec son vétérinaire, qui pourra orienter vers une alimentation adaptée.
Les aliments toxiques et interdits pour le chien
Certains aliments sont dangereux pour le chien, parfois même en très petite quantité. Les reconnaître évite un accident, souvent avant même qu'il ne devienne grave.
- Chocolat : contient de la théobromine, toxique pour le chien et d'autant plus dangereuse que le chocolat est noir et concentré en cacao.
- Raisin et raisins secs : à l'origine d'intoxications graves pouvant toucher les reins, pour des raisons encore mal expliquées par la médecine vétérinaire.
- Oignon et ail, crus ou cuits, ainsi que le poireau et l'échalote : ils peuvent endommager les globules rouges du chien en cas de consommation répétée ou en grande quantité.
- Avocat : sa chair, sa peau et son noyau contiennent de la persine, toxique pour le chien, en plus du risque d'étouffement que présente le noyau.
- Xylitol : cet édulcorant, présent dans certains chewing-gums, bonbons et pâtisseries sans sucre, provoque une chute brutale de la glycémie chez le chien.
- Alcool : même en petite quantité, il est toxique pour le chien et peut provoquer des troubles neurologiques.
- Pâte à pain crue : elle continue de lever dans l'estomac du chien et peut produire de l'alcool en fermentant.
- Noix de macadamia : toxiques pour le chien, elles provoquent faiblesse musculaire et tremblements.
- Os cuits (volaille, lapin) : ils se fragmentent en éclats pointus qui peuvent blesser la gueule, l'œsophage ou les intestins du chien. Les os crus, plus souples, présentent un risque moindre mais doivent rester adaptés à la taille du chien et surveillés.
Un chien qui a ingéré l'un de ces aliments, même en petite quantité, doit être surveillé de près : vomissements, tremblements, abattement ou diarrhée justifient un appel rapide au vétérinaire ou à un centre antipoison vétérinaire, en précisant la quantité et l'heure approximative de l'ingestion.
Comment introduire un nouvel aliment sans risque
Même parmi les aliments autorisés, un nouvel aliment s'introduit progressivement, pour laisser le système digestif du chien s'y habituer :
- Commencer par une très petite quantité, en une seule fois, plutôt que mélangée à plusieurs autres nouveautés.
- Observer les selles et le comportement du chien dans les 24 heures qui suivent : des selles molles, des gaz ou un manque d'appétit signalent une mauvaise tolérance.
- Espacer l'introduction de deux nouveaux aliments d'au moins quelques jours, pour identifier plus facilement la cause d'un trouble digestif éventuel.
- Garder les compléments alimentaires à une part limitée de la ration quotidienne, l'alimentation complète habituelle restant la base du repas.
Un chien suivant un régime particulier (rénal, diabétique, allergique) ne doit recevoir aucun complément alimentaire sans l'accord préalable du vétérinaire, certains aliments pourtant anodins pouvant déséquilibrer un régime spécifique. De la même façon, un chiot encore en croissance ou un chien âgé supportent moins bien les écarts alimentaires qu'un adulte en bonne santé, et méritent une prudence accrue avant toute nouveauté dans l'assiette.
En cas de doute sur un aliment précis, mieux vaut s'abstenir de le donner et demander conseil au vétérinaire plutôt que de prendre un risque inutile.
